Le groupe "STRONG AFRIKA" a fait ses débuts en Corée du sud en 2004.C'est dans ce pays du soleil levant qu'est né ce groupe qui est aujourd'hui le groupe africain le plus recherché et le plus apprécié par le public coréen qui est généralement attaché à ses us et coutumes .Le peuple coréen est impressionné par tout ce qui est traditionnel. Pour lui c'est ce qui fait l'authenticité d'un peuple.
C’est sa musique typiquement traditionnelle qui associe le son du célèbre instrument traditionnel qu’est le tam-tam, aux autres percussions comme le Ngongi le lokole avec une touche moderne donnée par le son de la guitare et le Dreun. Tout cela suffit pour captiver le public coréen sans oublier la dextérité du leader qui est bon danseur doublé d'un chanteur et les autres membres du groupe qui ne déméritent pas.
Parés de leurs habits traditionnels, ils tiennent en haleine le public qui en demande toujours plus à chacune de leurs sorties. Le leader du groupe est un jeune originaire de la RDC. Il est toujours fier d'exhiber devant le public coréen les richesses que recèlent la musique traditionnelle de son terroir voir de l'Afrique profond. MBOBILE Gotie se veut être un ambassadeur de la culture africaine en Asie.
Avec tout ce que ce groupe a comme talents et potentialités, il serait déjà au sommet de sa gloire. Mais selon le patron du groupe, l’une des principaux obstacles à l’ascension du groupe consiste en sa difficulté à chanter en coréen. Pour que la musique marque et demeurent dans l'esprit des coréens il faut un minimum d'explication avant chaque prestation dans la mesure où les chants sont exécutés en langues africaines."Il m'a fallu beaucoup de temps et de travail pour arriver à créer un style qui capte l'attention du public" a déclaré le leader.
La gestion qui demeure par ailleurs un problème majeur. L’industrie musicale coréenne est très embryonnaire et dépend totalement de l'Etat qui gère les musiciens comme des fonctionnaires qui doivent attendre la fin du mois pour avoir leur dû. Ils ne sont payés ni avant ni juste après le spectacle. Le leader doit mettre la main dans sa poche pour faire face aux frais de transport des artistes et aux frais de répétition, aux créations, aux compositions enregistrements en studio voir même rémunérer les artistes avant les prestations. Ce qui fait dire au leader du groupe" Travailler dans le secteur musicale coréen c'est comme taper un grand coup d'épée dans l'eau"
C'est pourtant le secteur le plus rentable mais il est géré par les Coréens comme une entreprise destinée à les aider à maintenir leur chère tradition par l'organisation d’assez de festivals. Il faut noter que les Coréens avaient l'habitude de célébrer la fête de la moisson, des patates, du piment, bref beaucoup de fêtes donnaient lieu a l'organisation de festivals et cela depuis des décennies. C'est dans le souci de maintenir cette tradition qu'ils organisent des festivals publics où aucune entrée n'est attendue. Résultat, cela n'arrange pas du tout le leader du groupe qui a du mal à gérer et sa famille et le groupe. Le groupe touche au minimum 500 dollars et au maximum 800 dollars, ce qui est vraiment insignifiant. Malgré cela, le groupe continue son chemin dans l'espoir de trouver des gens qui sauront rendre le secteur indépendant et le rentabiliser. Seul l'amour du métier permet à ce groupe multiculturel de persévérer.
Une troisième difficulté qui bloque l'épanouissement du secteur c'est l'absence de communication entre musiciens et organisateurs après les festivités. Une fois l'activité terminée, chacun se retire. Avant la communication est permanente mais après, les téléphones ne répondent plus.
En conclusion, argent et prestations ne riment pas ce d'autant plus que les concerts en salle sont l'apanage des artistes coréens à quelques exceptions prêt.
Selon le leader du groupe, la concurrence est cependant très rude" et il faut beaucoup de professionnalisme et de créativité pour se faire une place de leader.
STRONG AFRIKA a déjà participé à plusieurs compétitions de haut niveau dont il est sorti vainqueur. Pour la petite histoire Mbobile Gotie est né en République Démocratique du Congo. C'est dans son enfance qu'il commence la musique en flirtant avec toutes sortes de styles : reggae, rock... Aujourd'hui il est à la tête d'un groupe multiculturel de 7personnes permanentes et de collaborateurs talentueux. Son plus grand rêve'' créer des écoles de formations non seulement dans le secteur des arts et de la musique, mais aussi dans d'autres secteurs afin de permettre aux jeunes qui pullulent dans son pays de s'exprimer et d'émerger...
Le principal conseil qu'il donne à ses confrères africains qui évoluent à l'étranger c'est de s'intégrer dans la culture du pays où ils évoluent pour plus de rendement et de créativité.
Prisca MBOUALE
Journaliste Reporter





